Pourquoi Sarkozy a perdu
Le cerveau humain fonctionne de façon curieuse, et l’élection du président de la République l’a démontré.
D’abord, pourquoi Nicolas Sarkozy a-t-il perdu son duel contre François Hollande ? De tous les côtés on a cherché de subtiles explications. Une étude Cevipof, par exemple, dit que « plus les français ont le sentiment de donner le jour à un président, plus ils sont en situation de penser que ce président sera juste avec eux car il leur devra davantage, sinon tout. Quand Sarkozy s’évertuait à montrer aux français qu’il était plus expérimenté que son concurrent, il entravait sans le savoir leur liberté de choix. Plus il faisait cela, plus les français étaient poussés à choisir Hollande puisque lui seul, ne pouvant se prévaloir d’aucune expérience gouvernementale, devait s’en remettre entièrement de la volonté populaire…. les français ont préféré le candidat juste au candidat expérimenté parce qu’ils ont préféré affirmer leur liberté dans un temps où ils la croient menacée, ». Vous voyez que je n’avais pas tort de parler de subtilité !
Ailleurs, à propos de Hollande, Thierry Chopin dit que »la principale raison de voter en sa faveur réside dans leur volonté de barrer la route à Nicols Sarkozy ».
Dans une interview de Brice Hortefeux, ce grand et très ancien ami de Nicolas Sarkozy a déclaré que la première cause de l’échec de son ami réside dans un réflexe d’alternance. Interrogé sur l’effet de l’antisarkozysme, il fait une réponse ahurissante, à savoir que « cette explication est courte, classique et fausse. Face à la crise, beaucoup de gouvernements européens n’ont même pas pu aller jusqu’au bout de leur mandat ».
Il y a au moins un peu de vrai dans toutes ces réflexions, mais elles sont insuffisantes : pourquoi les français ont-ils préféré le candidat soit disant juste au candidat expérimenté ? Pourquoi vouloir barrer la route à Nicolas Sarkozy ? Pourquoi les français ont-ils eu besoin d’alternance ?
Apparemment personne n’a pensé à se poser ces questions, ce que je trouve surprenant. La réponse a tout de même été effleurée. Le titre de certains articles mentionnait en effet l’antisarkozysme, sans le détailler. Mais d’où vient cette disposition de l’esprit ? Personne n’en parle, mais je vais le faire : dès l’élection de Sarkozy la gauche, tout le monde à gauche s’est mis à taper à tort et à travers sur le président à coups de critiques et d’accusations mensongères. Vous en avez vues dans mes articles du 24 avril 2012 (Premières réflexions sur le premier tour électoral) et du 9 mai 2012 (Le nouveau président de la république). Tout découle de là, car un tel arrosage finit nécessairement par occuper tous les cerveaux et à faire souhaiter un changement.
Pourquoi la gauche a-t-elle eu cette attitude ? Je pense que c’est parce que Nicolas Sarkozy a réussi à recruter comme ministres des notabilités de gauche, telles que Kouchner, Besson etc. Cela a déclenché une véritable haine dans la gauche, et dès le début elle s’est jurée de le faire payer très cher. Jamais une élection présidentielle n’a eu une telle répercussion. Et la haine a la vie dure car, par exemple, à la passation des pouvoirs Hollande a multiplié les critiques larvées contre son prédécesseur : critiques sur l’homme Nicolas Sarkozy, sur son action et sa conception du pouvoir. En outre, à la fin de son discours, après avoir vanté l’action de ses prédécesseurs, il s’est contenté de lui adresser ses vœux pour la nouvelle vie qui s’ouvre devant lui. Il s’est conduit comme un salaud, et il le payera
J’ai assez longuement détaillé dans mon article du 8 mai mes essais infructueux de faire admettre par Nicolas Sarkozy et ses collaborateurs que j’avais raison. Encore une fois, pourquoi ? Il n’est pas impossible que ce soit par mépris pour moi : pourquoi ce météorologiste se mêle-t-il de politique ? En outre je crois que tout ce monde est littéralement hypnotisé par la stratégie qui avait été choisie. La stratégie c’est bien mais elle peut et même elle doit s’appuyer sur une tactique au point : dans le cas présent ç’aurait dû être de dire bien haut et bien souvent que la gauche mentait en proclamant ses critiques et accusations.
Je crains malheureusement que cette tactique manquante se manifeste elle aussi pour les élections législatives, et qu’ainsi tous les pouvoirs se trouvent finalement dans les mains de la gauche. Tout cela parce que je n’ai pas pu arriver à discuter de vive voix avec Sarkozy et/ou avec l’un au moins de ses collaborateurs !
Massoneau
Un livre sur Hollande